Le sud de Paris, pas loin du boulevard périphérique, le long de la Seine…

La zone est devenue un immense chantier qui rase les vieilles maisons pour laisser la place à des centres commerciaux et des bureaux. Les fumées sont celles d’un incinérateur d’ordures…
Il ne faisait pas bon y vivre tant c’était c’était et sale. Je doute que cela sera plus agréable d’y faire du shopping. On rase les vieilles maisons en épargnant les usines polluantes, l’incinérateur de déchets.
– Qui veux mes belle salades ?
Le coin est triste. L’air y est gris, comme la route, comme la lumière. Tout est usé, gangréné. Les travaux ressemblent à une amputation qui serait faite pour de mauvaises raisons, et pas assez en profondeur.
J’ai horreur de ces centres commerciaux. Trop de bruit (soit disant de la ‘musique’) et en plus c’est laid, tout lisse, coloré et brillant.
Le pire c’est qu’on a même plus la possibilité de prendre son temps, je veux dire c’est une véritable usine dans laquelle nous entrons sur un tapis roulant, produits bruts, où nous subissons certaines modifications (délestement monétaire) et de laquelle nous sommes expulsés sur un autre tapis roulant.
Plus-value et matière/produit de luxe : on nous traite confortablement : bancs pour se reposer (et déambuler dans les allées plus longtemps. bientôt on nous y fera passer la journée entière), animations pour les enfants (plus de mains libres, c’est plus d’objets qu’on pourra acheter, non ?), possibilité de se rafraîchir ou de déjeuner (en payant pour), etc. Mais toujours envahit par le commerce : entre 2 clâmeurs promotionnelles, de la musique sceptisée.
– You know what ? I am happy.
Au fond le délabrement de ce quartier insalubre avait son charme, au moins celui de dire “j’ai vécu“. Mémoire de quelque chose. Mémoire que certains s’empressent de vouloir effacer.
Il avait un autre intérêt ce quartier, il disait sans fleurs et sans voile : “je meurs, je pourris sur pied et c’est affreux d’être abandonné, laissé pour compte.”
Sans doute on préfère nous éviter de penser à cela.
La photo ? J’aime la photo N&B et, bien qu’elle soit affreusement médiocre, j’aime cette photo là.
