Ce fanatique des nuages
A le pouvoir surnaturel
De déplacer sur des distances considérables
Les paysages habituels(René Char, En trente-trois morceaux)
Les mains
Vous ne lisez jamais pardessus l’épaule d’un inconnu ? Vous savez, juste pour savoir quel livre l’intéresse, si vous l’avez déjà lu ou si vous aimeriez engager la conversation.
Moi oui.
Ce soir, dans un bus bondé, coincé tout contre un siège je n’ai pu m’empêcher de regarder ce qu’un monsieur lisait imperturbablement, un petit livre posé sur ses genoux. C’était un bout de dialogue entre un homme et une femme, je crois. J’ai été rapidement distrait par ses mains posées sur le livre.
Les mains disent beaucoup, j’aime les écouter.
Elle sont douces ou fortes, dures à la tâche ou agiles comme une danseuse, négligées ou soignées, trapues ou maigres, mais elles sont toutes bavardes et, le soir, elles aiment raconter cette journée qui ressemble généralement aux précédentes. La main nerveuse d’un fumeur invétéré qui n’en peut plus d’attendre, les doigts blessés d’une couturière maladroite ou trop pressée, la main bariolée du peintre, les mains puissantes et rouges du maçon, ou la main fragile et cabossée de l’écrivain, … Jeunes, les mains s’offrent, comme une page blanche ou un bloc de marbre brut à l’artiste, laissant imaginer quelles vies elles pourraient raconter. Vieilles, c’est une vie, ses douleurs ou ses douceurs, qu’elles résument parfois avec grâce et, souvent, avec modestie les mains de mon grand-père, mains d’ouvrier dures et abîmées mais belles, ses mains aimantes : tellement ouvertes et accueillantes.
Les mains de ce monsieur qui lisait imperturbablement étaient déjà âgées mais sans rides ni usure. Elles étaient pâles mais pas d’avoir fait trop d’efforts, simplement elles n’étaient pas colorées. Elles ne semblaient pas douces et n’étaient certainement pas expertes en caresses, juste molles. Les deux paumes sans envergure étaient posées sur les bords du livre et semblaient incapables de retenir les doigts qui s’écoulaient sur les pages.
Je ne trouve aucun qualificatif qui puisse les définir positivement, elles n’étaient rien de ce que peuvent être des mains. Neutres, un espace anonyme, un signe dépourvu de sens.
J’aurai pu photographier facilement les mains de ce monsieur pour témoigner de cette rencontre. Mais ça n’aurait pas été aimable. Il vaut mieux que ce ne soit que mon impression, peut-être probablement erronée, que je partage.
Et que lisait-il ce monsieur ? Je ne sais pas ! Un roman à l’eau de rose ? Mais la ligne se finissait sur « …. tu ne peux espérer plus. »
Authentique.
OpenOffice
Enfin, OpenOffice a remplacé Microsoft Word sur mon ordinateur personnel. J’avais déjà tâté le bestiau plusieurs fois ces dernières années, mais assez bêtement agacé par ses différences visuelles d’avec MSWord (les habitudes ont la vie dure…) et pas assez motivé pour explorer ses préférences, j’avais laissé tomber (c’est mal, je sais).
Hier, j’ai consacré un peu moins d’une heure à essayer de le faire ressembler à quelque chose où je me sente bien. Et non seulement c’est possible, mais c’est facile 🙂
J’ai d’ailleurs obtenu bien plus que ce que j’espérais : je m’y trouve sensiblement mieux que dans MSWord.
S’il ne peut pas encore remplacer MSWord dans mon activité professionnelle — je peux développer si ça vous intéresse –, il fait largement tout ce dont j’ai besoin le reste du temps. Donc byebye MSWord.
C’est un très bon produit (j’ai noté un ou deux petits bugs agaçants mais sans conséquence, je vais les signaler s’ils ne sont pas déjà répertoriés ). Franchement, je ne comprend pas qu’on puisse envisager de payer le prix de MSWord (ou de MSOffice !) pour disposer d’un traitement de texte quand OpenOffice est disponible gratuitement (et en français).
Essayez-le.
Avec l’argent économisé, vous pourrez vous offrir un chouette petit appareil photo numérique, par exemple, ou quelques recueils de poésie : René Char, Guillevic, ou encore Francis Ponge, …
Ma boîte devrait sortir un (ou deux) manuel(s) sur Open Office début 2005, sous la plume d’un ami, mais ça c’est une autre histoire 😉
Le web semantique ? II
Remarque : ce que je publie ici ne sont que des notes personnelles pour essayer de voir un peu plus clair dans ce qui me semble une nébuleuse bien incertaine : le web sémantique. Ces notes n’ont aucune prétention à être une explication de quoi que ce soit. Elles ne sont rien d’autre que des notes de lectures.
En une phrase : le web sémantique vise à développer l’accessibilité des machines au contenu du web.
Ca veut dire quoi ? Ca veut dire créer un Internet qui offre du contenu aux machines (aux programmes) et pas à nous autres, les humains. Je m’explique :
Internet, c’est quoi ? Un super outil de diffusion d’informations (j’aime les épinards, voici la photo de ma tata, la terre est ronde, etc.) entre nous les humains (on se parle et on comprend de quoi on parle, on sait ce qu’on voit, ce qu’on lit, etc).
Les ordinateurs (les programmes), eux, ne comprennent pas de quoi nous parlons sur nos pages web, il les répertorient et les affichent, rien de plus. Pour eux, Internet c’est seulement des octets et de la bande passante pour les faire circuler.
Ils peuvent un peu nous aider à localiser un certain type d’informations grâce à des mots clés. Mais c’est très rudimentaire (même avec Google) : les résultats d’une recherche ne sont qu’une liste brute dans laquelle nous devons encore passer du temps pour dégager les informations vraiment utiles. Pourquoi ? Parce que cette recherche est bête, elle repère des mots sans aucune idée de leur contexte d’utilisation.
Wallstreet est la bourse de N.Y., mais c’est aussi mon chat. Si vous cherchez des tuyaux pour vos placements, vous serez heureux de trouver la page “1000 astuces pour faire fortune à Wallstreet “, mais il ne vous sera pas très utile de savoir que “Wallstreet à déchiré le journal de ce soir avant que j’ai pu le lire” ou que “Wallstreet adore se coucher sur le clavier de mon ordinateur” — le genre de choses que je pourrais publier sur mon blog personnel. Pourtant le moteur ne regarderait que “Wallstreet” et placerait mes pages perso dans le résultat de la recherche, sans doute pas à la première place, mais quand même (et de toute façon ce n’est qu’un exemple).
En gros, le web sémantique voudrait permettre aux machines de “comprendre” savoir de quoi il est question dans les pages web. Je reste avec mon exemple de moteur de recherche :
- Mes pages perso indiqueraient au moteur de recherche des choses du genre :
(Wallstreet)(est)(chat),
(Wallstreet)(est)(nom),
(chat)(a)(nom),
(Wallstreet)(appartient)(David),
(David)(est)(garçon), etc. - La page de bourse dirait :
(Wallstreet)(est)(bourse/finance),
(bourse)(est)(activité),
(Wallstreet)(est à)(New York), etc. - La recherche portant sur la bourse de Wallstreet, on ne trouverait aucune des pages relatives à mon
monstrueuxadorable chat dans le résultat.
C’est un exemple très caricatural. Les possibilités (théoriques) semblent bien plus vastes. Mais je commence seulement à comprendre ce dont ils parlent 🙂
L’idée fondamentale c’est vraiment de rajouter une couche (de code ?) qui va classifier le contenu de la page dans des catégories et définir des relations entre ces catégories. J’ai lu ici et là les termes d’ontologie, de taxonomie (taxinomie) et,bien sur, de sémantique.
Une taxinomie, c’est un système de classement (en gros, j’ai pas le courage d’ouvrir le dico). Par exemple “rouge” est un sous-groupe du groupe “couleurs”.
Une ontologie c’est l’étude de la nature de l’être en tant qu’être (l’essence d’une chose, en gros toujours). Du point de vue des informaticiens, ça semble signifier une définition/liste des règles logiques entre les différents termes de la taxinomie (chat est un sous groupe de animal. Wallstreet est un sous groupe de chat OU un sous groupe de bourse, etc.)
Et la sémantique, c’est la science qui étudie les signes (que veut dire ce signe ?).
(J’avoue que le choix des termes me laisse perplexe : dans leur domaines respectifs ils sont tous porteurs de pas mal d’ambiguïtés, et leur “détournement” informatique ne fait qu’ en ajouter, mais bon… je ne suis ni informaticien, ni philosophe.)
Le web sémantique (l’association d’une taxinomie et d’une ontologie ?) servirait donc à “expliquer” (décrire) le contexte et les relations qui existent entre différents termes. La page aurait un sens pour le programme, sans pour autant qu’il faille attendre l’avènement de machines dotées d’une Intelligence Artificielle : l’ordinateur ne comprendra toujours rien à ce qui est écrit, mais il saura que tel et tel termes on tel type de relation et il pourra associer ces relations, y compris entre différents médium (mon site web, le site de la bourse, etc.). Une espèce de logique appliquée à autre chose que A=B=C.
Ca permettrait donc de disposer d’un outil de recherche “malin”, par exemple : “Google, gentil Google, trouve le site web du garçon qui a un chat qui s’appelle Wallstreet.” Et paf ! Grâce aux balises (?) sémantiques, on tomberait sur mon site.
Ou encore, ça permettrait de faire des recherches sophistiquées sur plusieurs sites (et sans lien apparent) en combinant/comparant leurs taxinomies et leurs ontologies (???enfin j’imagine) — comme on fusionne des tables différentes dans une base de données. Par exemple, “Google, gentil Google, trouve le site du gars qui un chat qui s’appelle comme je ne sais plus quelle bourse“. Il combinerait alors une recherche sur un site listant toutes les bourses du monde, puis regarderait tous les sites qui parlent de chat pour comparer leur nom avec ceux de la première liste et re-paf ! On tomberait sur mon site.
Il ne reste plus qu’à comprendre comment on implémente cette couche ‘logique’ et qui va se taper ce boulot inhumain ? 😉
Ca semble sérieusement compliquer ou complexifier le travail du webmaster, non ?
La suite dans un prochain billet.
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A lire :
The semantic web, Tim Berners-Lee, James Handler, Ora Lassila. (article payant, $ 7.95). Vous pouvez lire gratuitement sa traduction française ici (merci Google), mais je ne sais pas si la traduction est bonne.
Le web sémantique ?
Si, comme moi, vous vous demandez ce qu’est le web sémantique, vous trouverez un très bon résumé (en français) sur : JDNet
Il y a pas mal de choses à dire sur ce sujet, surtout si l’on y porte un regard non-informatique. J’espère y revenir bientôt.
