Jules Lavie, photos de Paris. Un autre sous-titre, pourrait être “photos de parisiens”. Car ce très chouette site est la preuve frappante — frappante, comme quand on se prend un direct du droit dans les tripes, un crochet du gauche sur la mâchoire, un coup de pied dans les… et qu’on s’effondre sur le sol trempé d’une ruelle, un soir d’hiver — la preuve frappante, disais-je, que j’ai tort : on peut photographier les gens — je veux dire les parisiens — sans générer une situation conflictuelle.
Sur le site de notre ami Jules, chaque photo est associée à une courte présentation de la personne photographiée ou un commentaire, un bout de sa vie, une remarque. C’est vraiment sympa. Mine de rien, il bat en brèche ma petite forteresse de certitudes : les autres ne sont pas systématiquement hostiles à la photographie. En tous cas pas les personnes qui croisent son chemin à lui. Alors, peut-être est-ce un certain photographe barbu qui suscite lui-même cette hostilité ? Ou qui se l’imagine trop facilement ? Parce qu’il a une sale gueule ou parce qu’il n’est jamais à l’aise au milieu de ses prochains ? C’est peut-être une question d’affinités avec son époque, carrément ? C’est l’histoire de l’arroseur arrosé ? C’est l’histoire d’un con qui trouvait que tout le monde, sauf lui, était con ?
« MMmmm ! » Murmurais-je, en m’assayant.
J’étais hors d’haleine après avoir escaladé cette montagne au pas de gymnastique, et pris de court aussi. Le remerciement que j’aurais voulu formuler resta coincé dans ma gorge.
(Kawabata, La danseuse d’Izu)





