Ne surtout pas regarder en bas

Vous vous souvenez de Bip Bip et du Coyote, le dessin animé ? J’étais fan de Coyote.

“Will E. Coyote, Genius”, c’était marqué sur sa carte de visite. Génial, ça oui il l’était. Et obstiné, aussi. Mais il n’était pas chanceux. Même carrément poissard. Il n’a jamais attrapé le Bip Bip; quand il ne finissait pas écrabouillé sous un rocher, raplati contre un camion, contre un train lancé à toute vapeur, ou encore carbonisé dans une explosion de dynamite qui a mal tourné, c’est qu’il tombait dans le vide pour s’écraser beaucoup plus bas. Dans un petit nuage.

C’était une des scènes que je préférais, peut-être ma préférée de toutes. je riais aux larmes. Toujours la même scène (il tombe), mais chaque fois un peu différente: il courre, il roule, il patine ou même il vole et se jette dans le vide pour atteindre l’autre côté. Et ça marche, il avance. Il vole, il marche, il court dans le vide, mais il avance. On y croit, de tout notre coeur. Même si, quelque part, on sait bien que non. Il y est presque. C’est généralement à ce moment qu’il regarde en bas. Il s’arrête. Il a encore le temps de nous regarder et de nous faire un petit signe de la main. Puis il tombe. Si vite. De si haut. Et s’écrase dans un un petit nuage de poussières. Pouf.

Il y a une morale à tirer de cela: ne jamais s’arrêter, ne jamais regarder en bas.

Image-70.jpg

Et ne pas avoir peur de tomber.

On m’a dit que certains jobs étaient un peu comme ça. Sauf qu’il n’y a pas de vides à franchir, ni de rochers, ni de dynamite ou de camion pour vous carboniser ou vous écraser la gueule. Juste quelques salauds. C’est ce que l’on m’a dit, je n’en sais rien: car j’ai cette chance incroyable de travailler dans un milieu — l’édition, la presse — où il n’y a pas de salauds.

Mais ce que nous savons tous c’est que le Coyote n’a jamais vraiment eu mal. Il n’est jamais vraiment mort. Il répondait toujours présent, dans l’épisode d’après.

Et le bip Bip n’est qu’un gros poulet stupide.

Un comique éclate le téléphone d’un prétendu voleur d’idées

Lee Hurst, a pris le téléphone d’un gars dans l’audiance et l’a éclaté. Au tribunal, il a expliqué qu’il pensait que le gars en question notait (en SMS) ses gags pour les lui voler et les revendre à la BBC ou pour les mettre sur Youtube. Un truc qui lui était déjà arrivé.

He said he did so because he believed it was being used to film his performance at the Stoke Pub in Guildford, Surrey.

The comedian claimed in court that there was a growing problem with writers recording rival comics’ material so that they could pirate their jokes and sell them to television shows. He claimed that footage of his gigs ended up on websites such as YouTube.

“TV programmes have writers writing for the performers and they go around to gigs and take the material and sell it to the BBC and ITV and that material is gone,” said Hurst, who defended himself.

article complet

Pourtant. Je parie que dans son salon, Lee Hurst a une télé.

Et qu’il la regarde.

Via Boingboing.

Windows 7 plus rapide, mais aussi beaucoup plus chiant ?

A few days’ testing of Windows 7 has already disclosed some draconian DRM, some of it unrelated to media files. A legitimate copy of Photoshop CS4 stopped functioning after we clobbered a nagging registration screen by replacing a DLL with a hacked version. With regard to media files, the days of capturing an audio program on your PC seem to be over (if the program originated on that PC). The inputs of your sound card are severely degraded in software if the card is also playing an audio program (tested here with Grooveshark). This may be the tip of the iceberg. Being in bed with the RIAA is bad enough, but locking your own files away from you is a tactic so outrageous it may kill the OS for many persons. Many users will not want to experiment with a second sound card or computer just to record from online sources, or boot up under a Linux that supports ntfs-3g just to control their files.

Via

En gros, il semblerait que Windows 7 permette aux développeurs d’utiliser des DRM  très envahissantes, nous empêchant de changer certains fichiers, ou encore de récupérer le son qui passe par la carte son (ou alors dans une qualité moindre).

On croit rêver. Mais, le pire c’est que ce n’est peut-être pas un rêve ! Se préparent-ils vraiment à vendre un produit conçu pour moins bien marcher, pour moins bien faire ce qu’il est sensé faire (pour mémoire: nous servir au mieux) ? Sans même parler de la limite imposée sur le nombre d’applications que l’ont pourra démarrer simultanément selon la version de Windows installée sur le PC, on serait en plein délire. Windows deviendrait un véritable Disneyland pour les tarés du contrôle !

Prochaine étape ? Restreindre notre droit d’installer ce qu’on veut sur nos ordinateurs (que deviendra Linux ?). Ou alors nous faire oublier le “Personal” dans “Personal Computer” et nous convaincre que le “Leased Computer” c’est bien mieux: on a le droit de l’utiliser (vraiment ?), pour pas cher et sous contrôle strict de ce qu’on y fait (merci les DRM de me protéger de moi-même). Quel bel avenir pointe le bout de son nez.

On sait qui sont les Morlochs dans cette histoire — Microsoft (et ses copines) ont un gros appétit — , mais qui va jouer le rôle des éloys tout blonds, tout roses, tout souriants, tout naïfs et tous servis bien cuits ?

morlocks-2.jpg

Non, je ne suis pas énervé. J’ai faim. D’ailleurs, je vais casser la croûte. Y doit bien me rester des fesses d’éloy confites…

Solitude du lecteur obsessionnel

Dans une maison sans livres et sans magazines (ça existe), sortir des toilettes en ayant appris que Canard® Fresh de Johnson A Family Company gâce à son cou doseur unique et à sa formule épaisse, nettoie, désinfecte, détartre et élimine 99,9% des bactéries (sur les parois de la cuvette), et qu’il contient 2,02% (2,02g/100g) d’acide lactique et moins de 5% d’agents de surface anioniques, agents de surface non ioniques, et que la date de péremption dans des conditions normales de conservation est de deux ans après la date de production — ce qui laisse à ce flacon approximativement une petite vingtaine de mois s’il n’est pas épuisé entretemps, ce qui est peu probable vu que l’utilisation recommandée est de le passer en deux fois, et cela au moins trois fois par semaine pour un meilleur résultat. Pour ouvrir, dévisser le bouchon de sécurité en pressant les parties striées. Revisser le bouchon jusqu’au click immédiatement après usage.

Quelqu’un a déjà pensé à imprimer des magazines ou des bouquins sur du PQ ?