Ce n’est pas juste (Miyazaki, l’iPad et le reste)

Miyazaki n’aime pas l’iPad, ni les ordinateurs, ni les téléphones, ni la TV :

Dans l’édition du juillet de Neppuu, Miyazaki appelle l’iPad « le machin genre console de jeu » que les « gens tapent avec des gestes bizarres ». Une pratique qu’il juge « dégoutante » : « dans les trains, le nombre de gens qui font ces gestes masturbatoires se multiplie ».

Il fallait oser la comparaison. Miyazaki admet néanmoins avoir eu le même genre de réactions devant la multiplication des téléphones cellulaires dans les trains, et même des mangas…

À lire.

Et vous ne perdrez rien à lire aussi l’article original en anglais qui, traduit vite fait par mézigue, continue la réflexion sur les propos du maître :

Il a peut-être l’air d’un technophobe excentrique, mais il est issu d’un “tout ce dont j’ai besoin, c’est d’un crayon et du papier”. C’est Hayao Miyazaki ! Et avec ces simples outils, il peut créer de l’éblouissement. mais tout le monde n’a pas le talent de Miyazaki.

Hayao Miyazaki Compares iPad Use To Masturbation

Ce n’est pas juste un excité qui a envie de dire du mal de l’iPad (et des téléphones, de la TV, etc.). c’est Miyazaki. On prend le temps de l’écouter et de se souvenir de tout ce qu’il fait.

L’article original fait également référence à un autre entretien avec Miyazaki, où le journaliste lui demande s’il joue aux jeux vidéos :

Non. Une fois, j’ai joué au shogi (note: une sorte de jeu d’échecs japonais) contre un ordinateur et j’ai perdu. Le PC analyse toutes les possibilités. Ce n’est pas juste.

Ce n’est pas juste — on a peut-être beaucoup plus à apprendre de Miyazaki que simplement le plaisir de regarder les chefs d’oeuvre qu’il a réalisé.

Penser avec un traitement de texte

What I do ask is: With the word processor becoming our writing instrument, what changes do there occur, if any, in the ways and content of our thinking?

En français :

La question que je pose est : le traitement de texte devenant notre instrument d’écriture, quels changements cela produit-il, s’il y en a, dans la façon dont nous pensons et dans ce que nous pensons ?

(J. C. Nyíri, Thinking with a Word Processor)

Une lecture bien sérieuse, mais vachement intéressante — entre autres choses quant à l’affaiblissement de la notion d’auteur “individuel” par le travail en réseau, et la façon dont ce réseau bouleverse la notion même de publication — même si l’on ne partage pas tout ce qui est avancé. Une question passionnante.

Via Taking Note.

Le rôle des éditeurs dans une économie numérique ?

Le rôle d’un éditeur est-il d’emmerder le lecteur ou de lui simplifier la vie ?

Drm

Parce que bon, si je n’ai pas le droit d’acheter ce livre numérique en anglais — et qu’est-ce qui empêche d’acheter un fichier électronique, si ce n’est une décision totalement artificielle ? — il m’aura suffi de 5 minutes pour le trouver et le télécharger gratuitement au format PDF sur un réseau de partage illégal… Alors ?

À quoi ça sert un éditeur, si ce n’est pas à faciliter la vente des livres ?

Il serait temps que ces éditeurs cessent de voir le monde et les lecteurs comme un gâteau qu’ils peuvent découper à leur guise, selon leurs appétits. Il faudrait — et vite — qu’ils prennent conscience que les clients ne sont plus vraiment obligés de passer par eux pour accéder au contenu des livres.

C’est dommage, car le métier d’éditeur — conçu comme autre chose que la gestion de la rareté, ou comme vendeur de papier au kilo — reste plus que jamais quelque chose d’essentiel, autant pour les auteurs que pour les lecteurs : en promouvant la qualité.