Terrence Malick

Le Nouveau Monde m’a permis de découvrir le cinéma de Terrence Malick lors de sa sortie au cinéma, mais ce fut alors une rencontre ratée. Je n’étais pas encore prêt à accepter ce cinéma qui célèbre la nature avec une lenteur si particulière et le film m’avait paru niais et bien peu intéressant.
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Six ans après, Le Nouveau Monde me paraît au contraire constituer l’un des sommets de l’œuvre de Terrence Malick.

Nicolinux: Le Nouveau Monde, Terrence Malick

Malick. Je n’ai jamais réussi à mettre par écrit l’admiration que m’inspire le cinéaste, et l’amour — pas moins — que j’éprouve pour ses films et leurs “lenteurs si particulière”, tout particulièrement Le Nouveau Monde. Lisez donc cet article pour vous faire une idée.

Peut-être que regarder un film de Malick, c’est comme lire un poème. Se jeter dessus en ne cherchant qu’à arriver à la fin — de l’histoire ou du poème — c’est passer à côté de l’essentiel. La signification du rythme.

Faire son propre magazine

Le petit mag que je lui ai fabriqué a été plutôt bien accueilli par ma nièce (et par son petit frère, une agréable surprise). Pour tout vous dire, je n’ai jamais été aussi heureux de savoir que ce que j’écris plaît aux lecteurs. Surtout ces deux lecteurs-là, qui ont le pouvoir de ruiner ma journée juste en ne me souriant pas.

Il semblerait aussi que ça vous ai donné envie de le lire et d’essayer d’en faire un. J’ai en effet reçu quelques demandes pour mettre en ligne le PDF.

Si ça vous intéresse, je veux bien réfléchir à la façon de publier des conseils pour vous aider à fabriquer votre propre magazine (contenu et contenant). Les fidèles se souviendront que j’ai un petit peu d’expérience dans le domaine. Dites-moi si ça vous tente.

Mais je ne vais pas offrir le PDF de ce magazine-là. Je ne vais même pas m’en excuser : je l’ai fait pour ma nièce, pour elle seule. Si elle décide de jouer le jeu, de m’aider à faire le numéro 2 comme je lui ai proposé, ou de le faire toute seule, et si elle veut le diffuser publiquement, je me ferais une joie de l’annoncer ici. Et pas qu’un peu.

Écrire et publier

Cela dit, vous n’avez pas besoin de moi — ni de ce petit mag, ni de personne — pour avoir des choses à raconter. Et, même si ça aide, vous n’avez pas non plus besoin d’investir des milliers d’euros dans des logiciels professionnels pour les publier et pour trouver vos lecteurs.

Bref, je suis sérieux : si ça vous intéresse, faites-le-moi savoir et je réfléchirais à la façon la plus sympa de parler de tout ça.

Et si mes conseils ne vous intéressent pas, vous avez raison, lancez-vous quand même. Il n’y a aucune potion magique, ni aucun “génie”, ni aucun don particulier qui ferait que certain(e)s seraient capables de faire un magazine (ou un livre; de l’écrire, de l’illustrer, de le mettre en page), petite élite de “pros” vivant sur les sommets du savoir (on se demandera quand même lequel), tandis que tous les autres seraient voués à n’être “que des lecteurs” qui “feraient mieux de rester à leur place” (les citations entre “” dans ce billet sont faites de mémoire et sont tirées de ce que j’ai pu lire ou entendre comme conneries quand j’avais le bonheur de faire ce métier d’éditeur et de rédacteur en chef).

Contrairement à ce que laissent entendre les plus médiocres de ces “pros”, il n’y a pas de fossé entre “eux” et “les lecteurs”, il n’y a pas non plus “d’effort à faire pour se mettre à la place du lecteur”, même débutant. Tout simplement parce qu’il n’y a aucune différence entre un lecteur et un auteur. Enfin si, il y a une différence : l’auteur est un lecteur qui s’est mis à écrire. Un auteur qui aurait oublié ça a autant de valeur qu’une roue carrée.

Ça ne veut pas dire que yaka écrire — pour avoir quelque chose à dire et pour savoir l’écrire (ou que yaka dessiner pour savoir dessiner, ou que yaka avoir (une copie pirate de) InDesign pour savoir faire une maquette, ou etc.) — faut pas rêver. C’est du travail, beaucoup, même si certain(e)s ne se gênent pas pour le bâcler. Mais du travail ce n’est pas de la magie ni un don du ciel, c’est de la sueur. Ce n’est pas prendre la pose de l’auteur maudit qui attend que la muse vienne lui chatouiller le nombril. C’est essayer. C’est rater. C’est recommencer.

C’est s’amuser, surtout.

C’est le 20 mars. Salaud de calendrier

“C’est le 20 mars, David.” C’est le calendrier qui dit ça. Ce sont tous les calendriers — celui affiché sur le radio réveil quand j’ai ouvert les yeux ce matin, celui ânonné à chaque bulletin d’information à la radio, celui encastré dans le cadran de ma montre, celui de l’iPhone chaque fois que je l’allume, celui imprimé en haut de la page de ce journal que je viens de feuilleter en espérant me changer les idées et, coup de grâce, ici même sous le titre de ce billet — tous ces putains de calendriers qui me sautent dessus pour me cracher à la figure : c’est le 20 mars, David. C’est pas trop dur ?

Ces salauds de calendriers qui ricanent en me rappelant l’interminable liste des jours à attendre ma prochaine dose. Un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un plus un. Et autant de nuits. Ces salauds de calendriers qui se marrent en me rappelant que ma dernière dose — insupportable manque qui me ronge depuis au moins une ou deux éternités — c’était hier, le 19 mars, que je l’ai prise. Une dose frelatée, une dose coupée mais une dose quand même. Une dose par FaceTime.

Ce silence où j’aimais tant vivre se révèle bien terne — couleur prison — sans les bavardages de ma nièce et de mon neveu. Je suis un junkie.

Dialogue entre ma nièce et moi

Dialogue par FaceTime interposé, pas plus tard que ce matin. C’est moi qui appelais :

Moi : Tu peux m’expliquer à quoi ça sert la queue et les oreilles de castor dans Mario kart 7 ? C’est juste pour décorer, ou c’est une arme ?
Ma nièce : T’as qu’à lire le manuel.
Moi: