J’URL, donc je suis

Vous le savez (ou alors, c’est que vous vivez sur une île déserte), MacGeneration et iGeneration ont changé d’adresse il y a quelques semaines de ça : macg.co et iGen.

Pour en avoir un peu discuté avec Christophe, je savais que ça allait arriver. Et mon avis ne change pas : aussi désagréable que cela soit, c’est une bonne décision, car c’est une façon rapide de contourner une nuisance vraiment insupportable : la perte de contrôle sur (une partie de) votre identité numérique.

De quoi je parle ? De quelque chose qui est bien flou justement. L’identité numérique, c’est quoi ?

En ligne, je suis davidbosman.fr — cela me semble plutôt approprié pour un certain David Bosman, qui vit en France et s’exprime, pour l’essentiel, en français. Mais cette identité n’est rien de plus qu’un accord passé entre un registrar et moi : je ne possède pas mon identité, je la loue, je paye le droit d’utiliser ce nom, chaque année. Si j’arrête de payer, je perds mon identité (numérique), qui sera proposée à la revente pour qui en veut — comme on rachèterait une vieille peau abandonnée après une mue, une vieille vie, pour s’y blottir.

Ça m’est déjà arrivé, avec un ancien site, qui a été racheté et sur lequel on trouve à présent, du moins c’était le cas la dernière et seule fois où je suis allé voir, des contenus pornographiques. Ce n’est plus moi. Mais c’était moi et, même si j’ai changé de peau, je ne m’y attendais pas et ça me laisse un goût douteux en bouche. Je ne peux rien y faire.

L’identité numérique est une nébuleuse. Pour encore beaucoup de monde, c’est un détail insignifiant, mais pour celles et ceux qui vivent (et essayent de prospérer) en ligne, c’est essentiel. Et c’est quelque chose qui mériterait d’être mis à plat et protégé, comme l’est notre identité civile (protection qui n’est pas infaillible, notez).

Pour le moment, l’identité numérique n’a aucune réalité en dehors des contraintes engendrées par la signature d’un contrat, du référencement plus ou moins efficace des moteurs de recherche, et en dehors des liens qui se tissent entre les différents sites.

Ainsi, en vous parlant de Macg.co, à mon modeste niveau, je valide l’identité toute nouvelle d’un site, pardon, de deux sites qui n’ont pourtant pas changé de nature, même s’ils ont dû changer d’adresse pour retrouver leur liberté de fonctionner et d’évoluer : Mac Generation et iGeneration.

My Affair with Science Fiction

Ah! Science fiction, science fiction. I’ve loved it since its birth. I’ve read it all my life, off and on, with excitement, with joy, sometimes with sorrow. Here’s a twelve-year-old kid, hungry for ideas and imagination, borrowing fairy tale collections from the library—The Blue Fairy Book, The Red Fairy Book, the Paisley Fairy Book—and smuggling them home under his jacket because he was ashamed to be reading fairy tales as his age. And then came Hugo Gernsback.

Alfred bester: My Affair with Science Fiction

Qui pourrait se traduire par :

Ah ! la science-fiction, la science-fiction. Je l’ai aimée dès sa naissance. J’en ai lu toute ma vie, à peu près, avec excitation, avec joie, parfois avec tristesse. Voyez ce gamin de douze ans, affamé d’idées et d’imagination, empruntant des contes de fées à la bibliothèque—The Blue Fairy Book, The Red Fairy Book, et le Paisley Fairy Book— et les ramenant en douce, cachés sous sa veste, parce qu’il avait honte de lire des contes de fées à son âge. Et puis vint Hugo Gernsback.

Avec un ou deux ans de plus, ce gamin, ce pourrait être moi. Sauf que ce gamin-là n’a jamais caché son amour pour les contes de fées—qu’il lit encore aujourd’hui, âgé de douze et trente ans 😉

Au sujet de Gernsback : Fiction extravagante aujourd’hui, fait incontestable demain.

Arctic expert predicts final collapse of sea ice within four years

Wadhams has spent many years collecting ice thickness data from submarines passing below the arctic ocean. He predicted the imminent break-up of sea ice in summer months in 2007, when the previous lowest extent of 4.17 million square kilometres was set. This year, it has unexpectedly plunged a further 500,000 sq km to less than 3.5m sq km.

(…)

"This collapse, I predicted would occur in 2015-16 at which time the summer Arctic (August to September) would become ice-free. The final collapse towards that state is now happening and will probably be complete by those dates".

Arctic expert predicts final collapse of sea ice within four years

A propos de l’affaire Roth/Wikipedia

Quelle affaire ? Celle-ci.

We don’t want readers to trust us. We want readers to think and be able to do their own research.

Ce qui pourrait donner :

Nous ne voulons pas que les lecteurs nous croient. Nous voulons que les lecteurs réfléchissent et soient à même de faire leurs propres recherches.

Philip Roth and Wikipedia (via pas mal de monde).

J’aime la Wikipédia.

Et j’aime ce billet qui recentre la question sur l(‘absence d)’esprit critique du lecteur–fut-il un simple quidam, monsieur Roth lui-même ou un journaliste cherchant à vérifier une information–et pas seulement quand il lit la Wikipédia.

Edit un peu plus tard (j’ai cliqué sur le mauvais bouton, mis en ligne trop tôt—voici la suite) :

Mais une chose n’est pas vraiment abordée dans cette réflexion : la confiance qu’à le lecteur dans l’auteur (d’un article d’encyclopédie, comme d’un roman) est essentielle (et on peut imaginer que ce genre de polémique fait du mal à Wikipédia, de ce point de vue) : l’auteur détient une véritable autorité, un pouvoir : celui que lui donne le lecteur en lui accordant sa confiance (au moins pour penser qu’il ne va pas tricher ou lui mentir). Wikipédia, par sa nature même ne met pas vraiment en avant une autorité ou un auteur quelconque, les auteurs ne sont qu’indirectement visibles (et seulement comme pseudos), on a toujours un peu le sentiment de s’adresser à une entité abstraite. Ou encore, pour coller à cette polémique avec Roth, même si elle propose une page de contact, nulle part je ne vois de mention d’un moyen simple de corriger des erreurs qui me concerneraient moi (OK, pas moi personnellement vu que je ne suis pas dans la Wikipédia, mais vous avez pigé l’idée).

Même si je regrette la lettre ouverte de Roth, je ne peux que comprendre son envie de rectifier ce qui le concerne directement, ce qu’il sait être faux–qu’il ait plus ou moins attentivement lu l’article, qu’il soit plus ou moins doué pour utiliser un formulaire de contact. C’est à l’outil de s’adapter aux utilisateurs, et pas l’inverse. Tout spécialement quand cet outil revendique que “Wikipédia est un wiki, ce qui implique que chacun a la capacité de modifier les articles. Si vous rencontrez une erreur ou n’êtes pas d’accord avec un contenu, vous pouvez modifier la page en respectant à tout moment les règles de neutralité de point de vue”.

Bref, c’est une question passionnante et complexe et, comme le dit l’auteur du billet, probablement insoluble. Quelque chose dont je parle depuis des années : à quoi bon prôner une “ouverture” ou une “liberté” (qu’il s’agisse d’accès à une info ou de Logiciels Libres, etc. ) si cette liberté et cette ouverture ne sont pas facilement accessibles ?