Si, dans les grandes lignes, le web sémantique permet d’accéder directement à l’information recherchée, est-ce que cela ne risque pas de nuire aux objectifs de certains créateurs de contenu ? Un exemple très ridicule : connaître le nom du coupable avant de commencer la lecture d’un polar.
Si l’auteur d’un contenu juge utile d’attendre que le lecteur dispose d’un certain bagage (fourni grâce à la lecture du contenu à partir de la première ligne), avant de lui parler d’une certaine notion, l’accès direct « par une recherche sémantique » passera outre le choix de l’auteur, au risque de déformer la perception du message, ou pire. Par exemple ne pas saisir le caractère ironique d’une phrase, ou le sens d’une affirmation étayée par tout ce qui précède.
Si j’écris « tous les belges sont des imbéciles », ici sur mon blog, et que demain un moteur extrait cette citation hors de son contexte (à savoir que ce n’est qu’un exemple de l’importance du contexte et que, étant Belge , c’est à prendre au second degré), on pourrait en conclure que je n’aime pas les belges, à tort. Vous me direz c’est déjà le cas avec les moteurs de recherche actuels. C’est vrai.
Ce que je comprends du web sémantique c’est l’idée de baliser toutes les informations. C’est-à-dire de les repérer (c’est déjà un choix à opérer) et de les relier à des concepts plus généraux pour indiquer leur signification (sémantique). C’est donc une façon de découper une oeuvre en petites paquets thématisés, un peu comme une lecture critique d’un texte ou d’un tableau. Mais qu’advient-il de la vue d’ensemble ? Du projet ou de l’oeuvre, ou de l’ambiguïté que l’auteur peut souhaiter entretenir, etc.
N’est-ce pas la même erreur de perspective qui fait croire aux critiques qu’en démontant telle oeuvre en petits bouts ils vont mettre à jour ce qui fait sa qualité ou son succès ? Le sens ne réside pas uniquement dans la somme des parties.
Bien sûr, il ne faut pas oublier qu’il s’agit uniquement d’une surcouche, mais si c’est elle qui conditionne l’accès/la visibilité de l’oeuvre… ce n’est pas rien.
Que se passe-t-il si plusieurs ontologies peuvent s’appliquer à une informations ? Y a-t-il un ordre de priorité, y a-t-il une limite à l’accumulation (au risque de noyer l’information dans le balisage sémantique, etc.) ?
Par exemple « aimer » selon le contexte, c’est « faire l’amour » ou « être amoureux » ou « apprécier quelque chose/quelqu’un ». Si je déclare <David><aimer><chocolat>, comment un programme va-t-il décider ? Après tout je pourrais aimer faire l’amour à du chocolat…
Ok, ce n’est pas très parlant, même pas du tout : ce n’est pas très clair non plus dans ma tête, mais la question me chatouille 😉
