Donnez au wookie ce qu’il veut !

Voici la traduction française d’un article lumineux de Tim O’Reilly (oui oui, celui des bouquins O’Reilly) sur l’édition — le métier d’éditeur et les éditeurs — face aux nouvelles technologies et aux nouveaux (?) comportements des consommateurs.

(Lien trouvé sur l’excellent lafeuille)

En voici quelques extraits (je souligne) :

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L’obscurité est une menace bien plus grave que le piratage pour les auteurs et créateurs

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La façon la plus simple d’obtenir que les consommateurs arrêtent d’échanger des copies numériques illicites de contenus musicaux ou de films est de leur donner une alternative licite, à un juste prix.

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Alors que peu de ceux qui mettent des livres sur des serveurs Web publiquement accessibles cherchent à tirer profit de cette activité, ceux qui vendent des CD sur eBay contenant des copies de fichiers PDF ou HTML de dizaines de livres pratiquent en fait le piratage, c’est-à-dire la copie organisée de contenus pour la revente.

Mais même dans ce contexte, nous voyons peu de raisons d’adopter des lois plus restrictives en matière de copyright, ou des systèmes de gestion de droits numériques (DRMS) forts, puisque les lois existantes nous permettent de poursuivre les quelques pirates délibérés.

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Les réseaux de partage de fichiers ne menacent pas les livres, la musique ou l’édition de films. Ils menacent les éditeurs existants.

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La question à laquelle nous sommes confrontés n’est pas de savoir si des technologies comme les réseaux p2p de partage de fichiers saperont le rôle des créateurs ou des éditeurs, mais celle de savoir comment les créateurs peuvent utiliser de nouvelles techniques pour accroître la visibilité de leurs oeuvres.

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Dans le futur, il se peut que les services d’édition musicale en ligne remplacent les CD et d’autres médias de distribution physique, tout comme la musique enregistrée a relégué les éditeurs de partitions dans un marché de niche, et, pour beaucoup, ont transformé le piano domestique en un emblème nostalgique bien éloigné du centre familial d’accès à la musique qu’il constituait autrefois. Mais le rôle des artistes et des éditeurs musicaux ne disparaîtra pas. La question n’est pas alors celle de la mort de l’édition de livres, de l’édition musicale ou de la production de films, mais plutôt celle de savoir qui seront les éditeurs.

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Des services comme Kazaa fleurissent en l’absence d’alternatives concurrentielles. Je prédis avec confiance qu’une fois que l’industrie musicale offrira un service qui donne accès à un ensemble similaire de morceaux, qui s’abstient de mettre en oeuvre un onéreux système de protection anti-copie, qui inclut des méta-données plus exactes et d’autres formes de valeur ajoutée, il y aura des centaines de millions d’abonnés payants. Ceci, bien sûr, s’ils évitent d’attendre trop longtemps, auquel cas Kazaa lui-même commencera à offrir ces avantages dans un service payant (ou le ferait en l’absence d’obstacles juridiques). Tout comme AOL, MSN, Yahoo !, Cnet et bien d’autres ont construit collectivement un secteur de nouveaux médias qui représente des milliards de dollars à partir du Web « gratuit », les « éditeurs » bâtiront sur les réseaux de partage de fichiers.

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Le service rendu à l’heure actuel par les systèmes de partage de fichiers est au mieux médiocre. Des étudiants et d’autres personnes disposant de temps libre le trouve adéquat. Mais il laisse beaucoup à désirer : copies redondantes de qualité médiocre, disponibilité intermittente de certaines oeuvres, identification incorrecte de l’artiste ou du morceau, et bien d’autres défauts.

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Une compagnie intelligente maximise ses revenus sur toutes ses lignes de revenus, se rendant compte que les vraies occasions s’ouvrent lorsqu’elle fournit les meilleurs services aux clients qui au bout du compte paient ses factures.

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Des façons diverses de présenter la même information et le même produit augmentent la dimension et la richesse du marché.

L’article complet est disponible en français sur Samizdat.net.

Une question reste en suspens : qui voudrait être un Wookie ? 😉

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