cette moisissure ignoble

Ici ça sentait le tabac cher, les parfums français, le vrai cuir étincelant des porte-monnaie bourrés à craquer, les petites femmes à cinq cents billets la nuit, les porte-cigarettes en or massif, toute cette camelote, toute cette moisissure ignoble qui avait poussé sur la Zone, qui buvait sur la Zone, qui bouffait et s’engraissait sur la Zone, qui se foutait de tout et plus particulièrement de ce qui arriverait lorsqu’elle serait repue et bourrée et que tout ce qui avait été dans la Zone se retrouverait dehors et se déposerait sur le monde.

(Arkadi et Boris Strougatski. « Stalker», chez Denoël, collection Lunes d’encre)

Imaginer le nombre de bons livres qui ne sont pas lus parce qu’ils ont le malheur d’être étiquetés “science-fiction”. Non, non, non, non ! Ce n’est pas du tout ça : imaginer le nombre de lecteurs qui ne lisent pas ces bons livres, parce qu’ils méprisent un nom sur une étiquette. Ce qu’ils manquent…

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