On discutait hier, avec @urbanbike, de mon annonce pas fracassante de ne plus utiliser Twitter et, surtout, de ce qui l’avait motivée : ma fatigue d’entendre un bruit de fond qui ressemblait de plus en plus à celui d’une cour d’école. Marre de me faire “gendarmer” par des personnes qui s’imaginent que pouvoir coller mon nom derrière un @ faisait de nous de vieux amis — en gros, je lui ai expliqué que je regrettais de laisser tomber Twitter et les personnes avec qui j’aimais discuter, mais que bon, hein, marre quoi. (Je résume.)
Il n’était pas d’accord — avec ma décision d’envoyer valser Twitter, pas avec le constat que les cons sont pénibles aussi sur Twitter — mais c’est un email reçu cette nuit qui m’a fait tilter et fait changer d’avis.
Un courrier d’une gamine de 17 ans, prénommée Alice, qui me suit sur Twitter et me demandait des comptes. Sans blague ? Des comptes, à moi ? Pourquoi ? Tu manques pas d’air, toi — et c’est vrai qu’elle n’en manquait pas.
Alice… C’est la deuxième fois en 10 ans qu’une Alice de 17 ans, je vous promets, m’envoie un mail pour m’expliquer plein de choses… pour me dire qu’elle aime bien ce que je fais, mais que ça ne m’empêche pas de réagir comme un connard quand quelque chose m’énerve vraiment. Bref.
Comme @urbanbike, elle m’a rappelé que je pouvais bloquer/mettre en spam les impétrants. Mais elle est allée plus loin en me démontrant que j’étais aussi cons qu’eux et me demandait pour qui je me prenais en, je cite, “envoyant chier tout Twitter à cause de 2 ou 3 enc…” (je censure, car je ne peux pas croire qu’une enfant, que dis-je un bébé, de 17 ans puisse connaitre ce mot)
Ce que Jean-Christophe n’a pas réussi à faire, et qu’à réussi Alice, c’est de me faire sentir que c’était moi le plus con de tous. Ok, merci. C’est pas faux. Que c’était moi que je hum “baisais” (dixit la miss) en me privant de Twitter. Et que je venais de dire à tout le monde… que tout le monde était con. Ouch. C’était pas le but.
Elle terminait son courrier en me disant à peu près que Twitter c’est pas si nul que ça, et qu’il faut vraiment être stupide pour s’imaginer que ça pourrait être parfait. Elle le disait plus gentiment que ça.
Bon, OK. je reviens. On se fait la bise ?
— Oui, mais et les cons qui te font chier, t’en fais quoi mon gros ? ne manquera pas de me demander le lecteur un tantinet sarcastique. Ils ne vont pas partir, ni se taire pour me faire plaisir. Tu vas encore péter un câble dans une semaine ?
Juste. Leur bruit ne va pas cesser. Ce bruit presque aussi pénible que les acouphènes qui m’empêchent parfois de dormir.
Tant pis, c’est comme le bruit des voitures, des motos et des bus à Paris — ou comme cette concertiste du vide-ordure qui habite juste au-dessus de chez moi et passe son temps à le faire claquer en rythme (mais j’ai toujours pas trouvé à quel rythme) : c’est le prix à payer pour avoir tout à portée de main, pour pouvoir trouver n’importe quel livre ou film dans la journée, pour pouvoir manger dans n’importe quel resto, pour pouvoir sortir chaque soir si l’envie m’en prends, pour voir un spectacle différent ou revoir le même, et pour rencontrer des gens intéressants — vous. OK, certains d’entre-vous 😉
Je me suis trompé. C’est pas la première et ce ne sera pas la dernière fois.
Merci à Alice de m’avoir fait regarder de l’autre côté du miroir. Merci, et RDV sur Twitter, quel que soit ton pseudo.
La suite ?
Hier, j’ai vidé la liste de personnes que je suis — j’enrichirai cette liste progressivement. Certains vont rapidement retrouver leur place, d’autres pas. Disons que, pour moi, c’est un peu l’occasion de redécouvrir Twitter — et je vous suggère de ne pas hésiter à me virer de vos listes car… je vais continuer à tweeter, sans changer une virgule à mon légendaire goût pour le ronchonnement.
Ce qui va changer par contre, c’est que je serais moins patient avec ceux qui “me gonflent”, c’est pas plus mal, ça leur évitera d’étaler leur hypocrisie quand j’ai le dos tourné, et ça me fera gagner du temps et de la tranquillité :

Un conseil : si je te gonfle, cesse donc de me lire car tu risques l’explosion. C’est fatal, chez la baudruche. C’est trop injuste.
