Que dirais-tu aux lecteurs qui t’ont découvert avec ce texte et ont été choqués .
Jean-Marc Agrati : Certains m’ont dit que j’avais heurté leur sensibilité. D’autres ont rigolé et ont tout de suite apprécié le grotesque… Quoi dire ? Oui, bien sûr, on est sensible, on peut être choqué… Moi, je suis choqué en permanence. Lady Gaga qui émerge d’une piscine entre deux dogues allemands, ça me choque. Un Hummer qui se gare devant une épicerie, ça me choque. Un gars qui joue du pipeau en soufflant par le cul dans une peinture du XVIe siècle, ça me choque. Une saturation de la guitare ou un dépassement de la vitesse de la lumière, également. Le monde est profondément et perpétuellement choquant.
Je leur dirais, aux lecteurs choqués, qu’on est là pour ça. Pour agrandir le sentiment. Pour pousser les parois. Mentales, évidemment… Et nerveuses, oui, un peu.(…) Quand on s’ennuie ou que ça fait trop mal, on pose le bouquin, c’est tout. Il ne fonctionne pas sur ce cerveau-là, on n’en fait pas tout un plat.
(Extrait de l’interview de Jean-Marc Agrati publiée dans Angle Mort n°5).
