Embryon humain : leur destruction ne sera pas brevetée

doit être exclu de la brevetabilité un procédé qui, en utilisant le prélèvement de cellules souches obtenues à partir d’un embryon humain au stade de blastocyste, entraîne la destruction de l’embryon.
(…)
tout ovule humain doit, dès le stade de sa fécondation, être considéré comme un embryon humain dès lors que cette fécondation est de nature à déclencher le processus de développement d’un être humain (…) l’ovule humain non fécondé, dans lequel le noyau d’une cellule humaine mature a été implanté, et l’ovule humain non fécondé induit à se diviser et à se développer par voie de parthénogénèse doivent également être qualifiés d’embryon humain.

(France Soir)

Du coup, là, je me pose une question particulièrement bête (plusieurs, en fait, mais je vais vous emmerder avec une seule) : un “embryon humain”, c’est quoi ?

Sans revêtir la blouse blanche du savant que je ne suis pas — ou alors fou à lier et réfugié dans la plus haute tour du château par une nuit d’hiver orageuse, le vent et la pluie frappant les murs à moitié en ruine, et dont le rire résonne lugubrement quand il se penche sur le corps encore inanimé de la créature à qui il s’apprête à donner la vie en abaissant ce gros levier qu’il tient déjà dans la main, mais qui interrompt son geste, il ne ricane plus, l’air un peu perdu il regarde autour de lui avant de fixer son regard sur toi, oui toi, ami lecteur, car il a découvert dans un éclair (forcément) de lucidité que toi et lui aviez un étrange point commun dans cette histoire : vous demander ce qu’il peut bien foutre ici, et vous demander de quoi je peux bien parler. Sans jouer au savant, donc, je pense qu’on peut dire qu’un embryon, en plus d’être beaucoup plus petit qu’un iPod Nano, ce n’est jamais qu’un brouillon d’adulte.

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© K. Hardy, Welcome Images, CC by-nc-nd 2.0, via.

Embryon je fus, avant d’être ce sympathique David que vous aimez tous (OK, presque tous : j’en connais deux qui ne m’aiment pas). Comme qui dirait, l’embryon c’est une esquisse, un projet, un potentiel plein de promesses — promesses de sourires et de larmes, d’amours et de ruptures, de réussites et d’échecs, de franches rigolades avec les potes ou d’une tristesse mortelle à subir le voisinage des con(ne)s.

En toute logique, si un embryon est un adulte en devenir, on peut dire d’un adulte que ce n’est jamais qu’un embryon devenu (quelqu’un), une esquisse qu’on aurait ou qui se serait elle-même mise au propre, un paquet de promesses tenues (ou pas), un projet mené à terme ou en voie de l’être (si l’on considère que la mort est l’étape ultime et nécessaire avant de pouvoir dire d’un individu qu’il a vécu).

Donc, détruire un adulte c’est aussi détruire un embryon humain. Non ?

Pourtant, les armes et toutes ces technologies ouvertement développées pour détruire des “humains” ne sont-elles pas brevetables (et avidement brevetées) ?

Et même les autres technologies, celles qui ne sont conçues que pour améliorer la condition humaine — le téléphone, le moteur à explosion, l’électricité, le télescope, la chirurgie, le fil à couper le beurre — ne sont-elles pas potentiellement destructrices ? Le simple fait de se baisser pour ramasser un bout de bois, ou un os, n’est-il pas potentiellement cause de destruction d'(embryons) humains ?

Os
Un Carambar virtuel à celui ou celle qui identifie le film d’où est tirée cette image. Indice : c’est juste le plus grand film jamais tourné, qui légitime à lui seul non seulement l’invention du cinéma (et de la pelloche couleur, et du pop-corn), mais aussi la présence de l’humanité sur Terre. C’est aussi le film qui a réussi à me faire comprendre que la musique ne devait pas nécessairement être mélodique pour être bonne.

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