Hier, nous discutions sur Twitter avec quelques camarades d’un billet de blog hostile à Apple, je ne donne pas de lien pour le moment car j’y reviendrai peut-être plus en détail : j’ai commencé à discuter avec son auteur, on verra s’il en sort quelque chose.
Mais cela m’a donné l’occasion de ressortir ce déjà vieux billet, qui me semble toujours valoir la peine d’être lu :
le problème, c’est de se voir comme un consommateur avant tout, avant d’être un citoyen ou d’être un créateur. C’est de se voir comme un “porte-marque” avant d’être quelqu’un — qu’elles soient propriétaires ou libres n’y change rien. Je ne suis pas mon Mac, je ne suis pas mon iPad. Pas plus que je ne suis mon PC sous Linux ou mon navigateur Web. Pas plus que je ne suis mon Jean, ni une paire de chaussures ou ma montre, ni cette marque de thé que j’apprécie tant.
Apple ne fait qu’exploiter mieux que les autres un filon apparemment inépuisable : notre frénétique besoin de nouveautés, notre désir maladif de ressembler, de paraître, notre notre envie jamais rassasiée de déléguer tout et plus encore à la technologie : nos dialogues, l’instant présent, notre mémoire, nos projets, nos amitiés même.
C’est ça qu’il faut critiquer. Pas l’iPad.
C’est la technologie dans son ensemble — et pas seulement celle de Apple ou de Microsoft, pas seulement la technologie des autres — qu’il faut interroger, sa place, son rôle et le pouvoir qu’on lui donne. Et je ne parle pas que d’outils informatiques.
C’est chacun de nous qui doit s’interroger et questionner ses choix. Parce que, Tristan, surfer sans réfléchir, que ce soit sur Safari Mobile ou sur Firefox, ça reste surfer sans réfléchir.
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Aucun bûcher n’a jamais brûlé de sorcière.
Moi, “L’iPad, au-delà de la chasse aux sorcières”

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