Comme les commentaires du blog, que j’ai fermés il y a quelques mois, j’ai pris la décision d’arrêter d’utiliser mon compte Twitter personnel.
Ce n’est pas une bouderie — même si certains ne manqueront pas de le dire avec un petit air méprisant, le sourire en coin.
Ce n’est pas non plus parce que vous m’emmerdez. Au contraire, c’est parce que je m’intéresse à ce que vous (me) dites.
Et parce que j’écoute, je suis aussi obligé d’entendre des choses que je préférais ne pas entendre. Soit que ça me fasse du mal, soit que ça me fasse douter au pire moment, soit que ce soit juste un peu trop bête ou un peu trop méchant pour moi.
Toutes les (nombreuses) choses intéressantes, intelligentes, sympas, amusantes, gentilles, etc., que j’entends également sur Twitter, ne compensent pas ça. Malheureusement.
Et les filtres dont dispose Twitter ne sont pas assez intelligents pour tout bloquer. Malheureusement aussi.
En clair si, comme certains, je me foutais complètement de vous et que je cherchais juste à gagner des followers, je continuerais à tweeter et j’ignorerais ce qui me gêne. Ce n’est pas le cas.
Quand je me suis mis sur Twitter, en 2007 si je me souviens bien, c’était un outil génial pour discuter de façon informelle — et sans se prendre la tête en se demandant si on était politiquement correct. C’était aussi une façon d’échanger avec enthousiasme.
Récemment, les conversations ont changé de ton, me laissant l’impression d’être dans une salle de classe avec de bons élèves qui passent leur temps à faire la morale aux autres et à leur expliquer comment bien faire, en l’absence du prof.
Les échanges de liens, les RT, eux-mêmes ont changé : d’une façon de partager l’info qui nous excitait, c’est devenu une monnaie, un troc ou je ne sais quoi un « je te donne de ma visibilité, si tu me donnes de la tienne ». Ou un truc du genre. Bof, quoi.
Bref, autant Twitter avait toujours été le premier truc que je démarrais chaque matin, avant même le petit-déj, parce que je savais que j’y trouverais des trucs stimulants. Autant, depuis quelque temps j’y allais en traînant les pieds, et de mauvaise humeur en me demandant ce qui m’attendait et quelle non-information allait être la plus RT. Ça s’est remarqué, que j’étais de mauvaise humeur, je crois.
Or, si j’aime bien râler — c’est l’occasion de s’amuser — je n’aime pas être de mauvaise humeur : ça n’aide pas à avoir envie de faire des choses, ni à les faire avec le sourire.
Je ne peux pas empêcher Twitter d’évoluer dans la direction que ses utilisateurs choisissent de lui donner. Mais j’ai le choix de ne pas y participer.
Merci pour chaque bon moment.

Le compte Twitter de @tiaaftmag reste actif, bien entendu.
Quant à moi, je reste joignable par email et sur app.net. Oh, je continuerai à lire les comptes Twitter de certains.
