{"id":5378,"date":"2008-12-25T23:02:00","date_gmt":"2008-12-25T23:02:00","guid":{"rendered":"http:\/\/davidbosman.fr\/blog\/2008\/12\/25\/20081225crie-moi-ton-amour-je-te-hurlerai-mon-indifference\/"},"modified":"2010-03-27T23:48:13","modified_gmt":"2010-03-27T22:48:13","slug":"20081225crie-moi-ton-amour-je-te-hurlerai-mon-indifference","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.davidbosman.fr\/blog\/2008\/12\/25\/20081225crie-moi-ton-amour-je-te-hurlerai-mon-indifference\/","title":{"rendered":"CRIE-moi ton amour, je te HURLERAI mon indiff\u00e9rence"},"content":{"rendered":"<p><br \/>La TV est un rouleau compresseur. Je ne parle pas du flot d&#8217;images qui se d\u00e9verse pour tapisser les murs du salon (et l&#8217;int\u00e9rieur du cr\u00e2ne des spectateurs) en un d\u00e9lire color\u00e9. Je parle du son. <br \/><br \/>On peut fermer les yeux pour \u00e9chapper aux images, mais comment \u00e9chapper au bruit&#160;? Il n&#8217;y a jamais de silence \u00e0 la TV. <br \/><br \/>La TV n&#8217;a sans doute rien invent\u00e9, nous avons toujours v\u00e9cu dans le bruit. Se rassembler autour du foyer a toujours signifi\u00e9 entrer dans un cercle de bruits. Du moins, je peux l&#8217;imaginer  sans trop craindre de me tromper, y compris jusque dans la pr\u00e9histoire, quand nous n&#8217;\u00e9changions que des grognements r\u00e9unis autour d&#8217;un feu \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e de la grotte, nous disputant les morceaux de viande; un peu \u00e0 l&#8217;\u00e9cart on entendait le  claquement d&#8217;une pierre contre une autre, l&#8217;ancien \u2014 personne ne lui disputait le plus beau morceau de viande \u2014  taillait les silex. Tailler la pierre et faire du feu, ou mourir de faim et de froid. De plus loin, au fond de la caverne, d&#8217;autres bruits laissaient esp\u00e9rer que la tribu allait s&#8217;agrandir dans quelques mois. <br \/><br \/>Ca ne se passait peut-\u00eatre pas du tout de cette fa\u00e7on, mais il y avait des bruits. Des bruits qui inqui\u00e9taient, \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur dans le noir, dans le froid mais autour du foyer, ce feu si pr\u00e9cieux, les bruits \u00e9taient rassurants: ici il y a de la chaleur, ta famille, des alli\u00e9s. Ici, tu es chez toi, \u00e0 l&#8217;abri. Il y a de la vie, ici.<br \/><br \/>La TV a remplac\u00e9 le feu dans le r\u00f4le du foyer pr\u00e9historique, mais je ne suis pas certain que les bruits de la TV aient le m\u00eame sens. Ne ressemblent-ils pas plus \u00e0 un bombardement ne laissant que ruines et t\u00eates broy\u00e9es? Au souffle d&#8217;un pr\u00e9dateur impitoyable? Une solitude sans espoir?<br \/><br \/><\/p>\n\n<div align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/davidbosman.fr\/images\/zen.png\" alt=\"\" zen=\"\" style=\"border: 0 none ;\" \/><\/div>\n\n<p><br \/>Vous l&#8217;aurez devin\u00e9, depuis un moment je supporte l&#8217;assaut de la TV des voisins. Ca chante, \u00e7a crie, \u00e7a&#8230; hyst\u00e9rise, \u00e7a \u00e9motise, \u00e7a larmoyise, \u00e7a applaudise. Sans r\u00e9pit. Sans repos, jour apr\u00e8s jour.<br \/><br \/>Forgeron fr\u00e9n\u00e9tique qui mart\u00e8le les t\u00eates pour en chasser toute imagination et n&#8217;y laisser que des informations; s\u00e9parant les parents des enfants, les papas des mamans, la TV poursuit son travail d&#8217;extermination. Mes voisins, dans ces moments-l\u00e0, je ne peux que les imaginer viss\u00e9s dans leur fauteuil, muets et solitaires l&#8217;un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;autre, tels des oies que l&#8217;on gaverait par les yeux et les oreilles, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;il soit l&#8217;heure de se coucher ou d&#8217;aller pisser \u2014 tu veux un Coca? Une bi\u00e8re? Non, apporte-moi des chips.<br \/><br \/>Ils attendent sagement, comme des jouets abandonn\u00e9s, que quelqu&#8217;un leur insuffle un peu de vie ou les range dans un placard. D&#8217;ailleurs, eux, ils ne font jamais de bruit. Au fond, mon voisin c&#8217;est leur TV.<br \/><br \/>Mais je me trompe s\u00fbrement.<br \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La TV est un rouleau compresseur. Je ne parle pas du flot d&#8217;images qui se d\u00e9verse pour tapisser les murs du salon (et l&#8217;int\u00e9rieur du cr\u00e2ne des spectateurs) en un d\u00e9lire color\u00e9. Je parle du son. 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