Une question bĂȘte

La délocalisation des industries commence à paniquer un tas de personnes, en tous cas en France.

J’avoue que je n’y connais rien du tout en économie. Mais je ne risque pas grand chose en supposant que, si des industries délocalisent, c’est pour produire à moindre coût : travail(leur) moins cher à qualification/productivité équivalente (ou du moins dont la différence serait compensée par l’économie sur le salaire), taxes et autres charges patronales plus légères, etc. Un tas de facteurs financiers qui font que, au final, il revient moins cher de produire une paire de baskets en Chine, de les faire revenir par cargo pours nous les vendre, plutôt que de les fabriquer directement ici — idem pour d’autres produits ou services.

Ma question bête c’est celle-ci (en fait il y en a deux, c’est moins humiliant d’en parler au singulier): à quoi ça sert de fabriquer moins cher si, en délocalisant massivement, on prend le risque de priver les acheteurs de leur pouvoir d’achat (pas de travail = pas d’argent, ou si peu), ou de leur envie de consommer (insoucience, bonne humeur, goût du futile, etc.) ? Peut-être le pouvoir d’achat va-t-il croître ailleurs, mais en attendant… Il ne me semble pas que l’industrie vive de « peut-être ».

Qu’est-ce qui rend les pays « de l’Est » si attractifs ? Les médiocres conditions des travailleurs, pour l’essentiel. Et c’est ma seconde question bête — Est-ce idiot d’imaginer qu’il vaudrait mieux mener un combat pour améliorer les conditions de ces travailleurs, là-bas, plutôt que râler ici en souhaitant qu’on limite les délocalisations ? N’est-ce pas le rôle des syndicats ? C’est dificile/dangereux/illégal ? Oui. Le syndicalisme a longtemps été illégal/dangereux/difficile, ici aussi. Du moins c’est ce qu’on m’a enseigné à l’école.

Y a-t-il un syndicat européen des travailleurs ?

pas la peine de vous moquer : je sais que je n’y comprend vraiment rien. Il est grand temps que lise des bouquins d’économie (et de politique ?).

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